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Récit de Tchekhov de 1893
Conçu par Agnès Adam

Avec Agnès Adam, Yves Beauget, Viyaja Bechis Boll, Elena Cotugno, Stéphane Lara/ Yves Beauget, Olga Samokhotova
Collaboration artistique : Anatoli Vassiliev
Lumière et son : Frédérique Steiner-Sarrieux

Ce court récit de Tchekhov tire sa force du motif central du déplacement, de la fuite en avant, de la vitesse, de cette avancée, cette marche, ce changement perpétuel de place.
Le personnage central Sofia mène un combat avec elle-même, les autres, les siens, ses proches, le monde, pour sortir de sa condition matérielle, sociale, de femme, à la recherche de nouveaux territoires… Elle réinvente le mouvement perpétuel en allant de fiacre en fiacre à la recherche de son désir, du désir d'être enfin quelqu'un, pour elle et non plus seulement pour les autres.
D'un côté l'excès, la désinvolture, la démesure, la joie, l'appétit vital semblent être ses seules armes pour ne pas mourir, et de l'autre l'austérité, la foi, Dieu, le Père, la mort, le salut, le désir de la chair, ne cessent de questionner cet être et la poursuivre dans sa vie.
J'ai extrait de ce texte la matière théâtrale pour lui donner la consistance de ce que doit être un Désir poussé à son paroxysme et qui trouve sa raison d'être dans cette alternative à la question: Mais Dieu sans doute existe. Je dois mourir... Mais si Dieu n'existe pas? Alors elle est gâchée… comment ça gâchée ?... 
Une question qui ne cesse de se déplacer, de changer d'objet… ne pouvant trouver de lieu où l'habiter.


• dossier de présentation
 
     
       
 
 

Nous sommes à la frontière du jour et de nuit, dans cette autre lumière, pas claire, où se rencontre cet Autre. Son double, Olia, comme peuvent être ces autres, les deux Volodia : Volodia le Grand et Volodia le Petit. Le même mais pas vraiment le même. Figure de l'homme au miroir, pris dans son image narcissique et sa dépendance vis à vis des femmes.

Cet acte de parole est un acte de résistance contre l'enfermement où la raison nous place pour s'ouvrir vers des territoires nouveaux, inconnus qu'on n'ose à peine explorer. Il est tout autant humain qu'acte… de l'art, car il résiste à la mort sous cette forme de l'œuvre et de cette lutte.
Dans l'élévation de la fin quelque chose se rencontre de Dieu, de la mortification du corps et de sa libération. Dans la jouissance quelque chose échappe aux figures masculines. Elle se rapproche d'une portée plus métaphysique. Quelque chose d'une paix est à l'œuvre.

Reprise en Résidence à la Friche-Laiterie à Strasbourg 2010-2011, en collaboration avec le chorégraphe Enrico Tedde de la compagnie Blicke.

 
Récit de 1896. Traduction S. Poliakov
Adaptation conçue et interprétée par Agnès Adam et Stéphane Poliakov

Collaboration artistique : Anatoli Vassiliev
Lumière et son : Frédérique Steiner-Sarrieux

La nouvelle de Tchekhov est le récit d'un peintre. Le spectacle a été conçu et réalisé comme un dialogue : deux narrateurs construisent un souvenir réactualisé, une dichotomie d'amour entre un jeune peintre nihiliste d'un été et deux sœurs que tout opposent. C'est une idylle et un petit drame vécu, un affrontement philosophique sur le travail et l'engagement, l'anarchie et l'amour des autres, tout cela dans un lieu bien étrange, familier et lointain, un dimanche à la campagne qui recrée une utopie
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Soirées Tchekhov (Théâtre de l'Atalante, Paris, juin 2010)